Helsinki: Journée d’études sur la culture et le développement durable (2)

Cet article est la deuxième partie de mon compte-rendu de la journée d’étude du 10 octobre 2023. Il aborde d’une part la présentation d’une plateforme numérique finlandaise dédiée à la planification durable de concerts et de festivals de musique, et d’autre part l’initiative visant à instaurer l’économie circulaire dans le domaine culturel de la région métropolitaine d’Helsinki. Ces deux initiatives mettent en avant des approches participatives et fédératrices dont bénéficient les acteurs clés impliqués.

Deuxième des trois parties

Une fois effectuée la visite des toutes nouvelles installations de l’Université Aalto, la journée d’étude à Helsinki organisée par le réseau européen ENCATC s’est poursuivie à l’Université des Arts d’Helsinki (Uniarts), tant dans son Académie des Beaux-Arts que dans l’Académie théâtrale.

La première partie de ce compte-rendu peut être consulté sur ce lien. Le thème de la présentation était «la mode et le design durables».

UNIARTS

L’Université des Arts d’Helsinki (Uniarts Helsinki) représente le plus haut niveau d’enseignement dans les domaines de la musique, des beaux-arts, des arts du spectacle et de l’écriture en Finlande. Reconnue à l’échelle internationale, Uniarts Helsinki se distingue par son engagement dans l’éducation et la recherche artistiques, promouvant ainsi le rôle transformateur des arts au sein de la société. Fondée en 2013, l’université est formée de l’Académie des Beaux-Arts, de l’Académie Sibelius et de l’Académie de Théâtre.

La philosophie de l’université affirme que l’art fait partie de la solution à la crise de la durabilité écologique.

En effet, le site Internet d’Uniarts Helsinki mentionne bien l’un des six objectifs majeurs de sa stratégie : intégrer l’art comme solution à la crise de durabilité écologique. Son programme environnemental établit des mesures concrètes visant à soutenir la contribution d’Uniarts Helsinki à un monde plus durable. À l’avenir, l’université cherchera à intégrer de manière plus étendue les connaissances relatives à la durabilité écologique et aux pratiques durables, à la fois dans ses programmes d’enseignement multidisciplinaires que dans ses activités de recherche et de création artistique. Elle s’engage également à réduire son empreinte environnementale en limitant l’utilisation des ressources naturelles et en diminuant ses émissions, avec l’objectif de rendre ses opérations neutres en carbone d’ici 2030.

Le document du programme environnemental est structuré autour de trois thèmes principaux, englobant un total de 23 mesures. Les objectifs et actions de ce programme ont été établis en 2022 à travers un processus participatif, offrant à tous les membres de la communauté l’opportunité d’influencer son contenu. Chaque année, la mise en œuvre du programme environnemental sera surveillée dans le cadre du processus de planification opérationnelle, avec des rapports transparents sur les progrès réalisés. Des mises à jour seront apportées si nécessaire, et ce processus sera finalisé au plus tard en 2024.


VISITE 2 – ACADÉMIE DES BEAUX-ARTS

ELMA – Plateforme pour une industrie musicale durable

L’intervenante Anu Ahola (de Jazz Finland / ELMA.live) a exposé les progrès du projet phare en termes de durabilité dans le domaine de la musique live en Finlande: ELMA, une plateforme numérique dédiée à la planification, à l’éducation et à la diffusion d’informations.

Présentation de ELMA.live

À l’origine du projet en 2020, les principales organisations finlandaises dans le domaine de la musique live ont uni leurs efforts pour construire un secteur musical plus durable. Ce regroupement a donné naissance au réseau KEMUT, signifiant en finnois «boîte à outils pour un secteur de la musique live plus durable». L’objectif était de créer des outils concrets favorisant la durabilité dans ce secteur et d’encourager la scène musicale live à adopter des pratiques plus respectueuses du climat.

Au cours de cette année-là, le réseau a réalisé une enquête sur les pratiques éco-durables dans le domaine de la musique live. Les résultats ont montré que de nombreux acteurs du secteur en Finlande avaient déjà pris des mesures pour promouvoir l’éco-durabilité dans leurs activités. Cependant, pour fédérer tous les acteurs, il est apparu nécessaire d’établir une coopération étendue et de changer les mentalités : adopter des pratiques, des actions et des objectifs communs pour le secteur, ainsi que rendre accessibles à tous des outils pratiques.

Les partenaires du réseau KEMUT sont:
Finland Festivals
LiveFin
Music Finland
Musician’s Union
Finnish Jazz Federation
Association of Finnish Symphony Orchestras

Quel objectif vise la plateforme ? ELMA ambitionne d’incorporer la responsabilité et la durabilité (dans les aspects environnementaux, économiques, sociaux et culturels) au cœur des opérations quotidiennes de chaque organisateur, artiste et lieu de musique live.

Au cours de la phase initiale de développement de la plateforme, ses trois principaux composants ont été définis:

  • La formation via des supports pédagogiques ;
  • Le programme d’engagement comprenant un plan d’action (roadmap) pour élaborer, suivre et rendre compte des avancées de l’organisation ;
  • La communauté à travers une plateforme de réseautage, d’interaction et de partage des connaissances.

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies ont été adoptés comme cadre conceptuel. Les ressources éducatives d’ELMA, disponibles gratuitement (avec inscription obligatoire), proposent des explications et des recommandations sur la façon d’intégrer les ODD dans l’industrie de la musique live, ainsi que des pistes pour avancer vers la réalisation de ces objectifs tant dans le cadre professionnel que personnel.

Jazz Finland gère ELMA, avec la participation des autres membres du réseau KEMUT en tant que collaborateurs. Le projet a reçu un soutien financier du ministère de l’Éducation et de la Culture via un fonds dédié à la transformation des secteurs culturels et créatifs.

Pour créer le contenu d’ELMA, de nombreux matériaux ont été utilisés, produits par le secteur de la musique et d’autres professionnels de cette industrie créative, ainsi que par des spécialistes de divers aspects du développement durable. Le contenu continuera d’être enrichi et mis à jour en fonction des nouvelles ressources disponibles.

Parmi les sources d’information et d’inspiration figurent le Centre de recherche sur les politiques culturelles de Cupore, l’initiative Safe at Every Stage, IHME Helsinki, Julie’s Bicycle, le service Culture for All, le projet de transition Our Festival, les études et enquêtes de Music Finland, l’Association des festivals de la région de Tampere, le projet SKAALA de l’Union des musiciens, Sitra – le Fonds finlandais pour la célébration de l’indépendance de la Finlande, les projets de la Fédération finlandaise de jazz pour des tournées plus durables, Suoni ry, l’Institut finlandais de l’environnement, le Centre de promotion des arts (Taike), le projet LuoTo géré par le Conseil régional d’Uusimaa (décrit plus bas), le secteur Equal Music, l’Association des Nations Unies, ainsi que de nombreux autres sites Internet, articles, publications et médias.

Les autres collaborateurs de la plateforme incluent :

  • Positive Impact Finland : une agence de développement durable offrant des services complets axés sur le bien-être de la planète et de toutes ses formes de vie.
  • Tiketti : un précurseur finlandais dans le domaine de la billetterie et du marketing événementiel. Forte de sa créativité, de son expérience et de ses outils, l’entreprise accompagne chaque année des milliers d’événements à travers la Finlande.

Il est à noter que les informations concernant la «Feuille de route de la musique live» pour la Finlande, nommée Viileä musiikki en finnois, sont désormais disponibles en anglais. Cette feuille de route établit des objectifs climatiques communs pour l’industrie musicale, identifie les domaines d’action en matière climatique, et détaille les rôles spécifiques de l’industrie ainsi que les principales possibilités d’influence. Ces objectifs sont alignés sur les objectifs d’émissions de la Finlande pour 2035 et sur l’objectif climatique de maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 1,5 degré Celsius, tel que recommandé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Les principaux domaines abordés concernent les transports, l’énergie, la consommation et le changement culturel.


Projet LuoTo – Étapes pour un avenir durable dans les industries créatives

Présentation de Jaana Eskola, chef de projet pour les secteurs culturels et créatifs durables au Conseil Régional d’Helsinki-Uusimaa

Le projet LuoTo présente des propositions visant à orienter les industries créatives vers un avenir efficient et à faible émission de carbone, dans le cadre d’une économie circulaire. La région d’Helsinki-Uusimaa a été choisie comme terrain pilote pour ce projet; elle accueille près de la moitié des emplois de l’industrie créative en Finlande.

Outre le Conseil Régional d’Helsinki-Uusimaa, l’université Aalto, Uniarts Helsinki, le ministère de l’Environnement, Creasus ry et MyStash Oy forment le consortium qui dirige ce projet. Le financement de ce projet provient du Fonds finlandais d’innovation Sitra, du ministère de l’Environnement et du ministère de l’Éducation et de la Culture.

L’industrie a déjà entrepris de nombreuses actions visant à améliorer sa durabilité, comme l’a révélé une analyse préliminaire du projet. Cependant, ces initiatives sont souvent limitées dans le temps et les informations ne sont pas fréquemment partagées entre les différents domaines de l’industrie culturelle, et encore moins au-delà de celle-ci.

Quels sont les objectifs du projet ?

  • recueillir et partager les bonnes pratiques ainsi qu’améliorer les connaissances;
  • créer un aperçu des initiatives et des boîtes à outils de développement durable existantes en Finlande;
  • élaborer une feuille de route verte pour la transition écologique pour les secteurs créatifs sur la base des résultats des ateliers animés pour les secteurs spécifiques;
  • amplifier le rôle des arts et de la culture en tant que catalyseurs et terrains d’essai pour des modes de vie plus durables.

Il convient de mentionner la classification utilisée par rapport aux secteurs culturels et créatifs de ce projet :

  • Littérature et bibliothèques;
  • Musique et radio;
  • Cinéma, télévision, industrie audiovisuelle;
  • Industrie du jeu vidéo;
  • Design et mode;
  • Architecture;
  • Fêtes et événements;
  • Arts de la scène; et
  • Galeries, musées, arts audiovisuels, patrimoine culturel

Le projet a débuté en mai 2022. Des données sur la situation actuelle avaient déjà été rassemblées grâce à des enquêtes sur les initiatives et actions en lien avec les objectifs de durabilité (effectuées à l’automne 2022). Un chef de projet a été recruté en septembre 2022. De janvier à juin 2023, neuf ateliers ont été organisés pour les secteurs créatifs, un atelier pour les bailleurs de fonds des arts et de la culture, ainsi que deux ateliers pour les professionnels de la culture travaillant au sein des administrations municipales. La finalisation de la Feuille de route verte est prévue pour le mois d’octobre, ce plan d’action déjà évoqué pour une transformation écologique dans l’industrie créative, fruit d’une collaboration intersectorielle.

Quelques conclusions importantes ressortent :

Les industries créatives possèdent le potentiel d’améliorer la compréhension générale de la gravité des crises climatiques et de la diversité, mais cette opportunité n’est pas encore pleinement exploitée.

Ces industries ont la capacité d’influencer la culture et les comportements à l’échelle de la société en proposant des modèles de vie et de consommation respectueux des limites planétaires.

En assurant la vitalité et l’accessibilité du secteur créatif grâce à un financement de base adéquat, il devient possible de proposer des alternatives à une culture centrée sur la consommation.

Il est également observé que, dans une transition vers la durabilité, tous les secteurs de la société ajustent rapidement leurs activités pour respecter les limites de capacité, afin de répondre à la crise climatique et à la perte de biodiversité.

De plus, l’intervenante a souligné l’importance des municipalités et des métropoles dans l’établissement des fondements et de l’infrastructure nécessaires à une société durable sur le plan écologique. En effet, les collectivités locales peuvent jouer un rôle actif dans la promotion de la transition écologique au sein des secteurs créatifs en :

  • mettant en place des systèmes de transport public à faible émission de carbone
  • développant des solutions à faible empreinte carbone pour les bureaux, les salles de formation, les théâtres et les studios
  • veillant à l’intégration de la durabilité et de la sensibilisation écosociale à tous les niveaux de l’éducation artistique
  • établissant des critères de durabilité dans l’octroi de financements pour les initiatives artistiques et culturelles

La prochaine phase du projet débutera en novembre 2023, financée pour la période 2023-2024 par le Fonds pour la reprise et la résilience (RRF), dans le cadre du programme Next Generation EU de la Commission européenne. Les principaux objectifs de cette phase consisteront à :

  • mettre en application les conclusions principales de la Feuille de route verte;
  • combler les lacunes en matière de connaissances : proposer une formation sur le développement durable destinée aux professionnels de la création en Finlande;
  • établir une plateforme collaborative pour les initiatives de développement durable au sein des secteurs créatifs en Finlande; et,
  • renforcer les liens intersectoriels entre les projets axés sur le développement durable.

En outre, il a été recommandé de consulter le document « Feuille de route verte pour des expériences culturelles durables dans la région nordique » qui est le résultat du projet : «Expériences culturelles durables dans la région nordique» dirigé par « La Maison nordique des îles Féroé » dans le cadre du programme de vie durable du Conseil nordique des ministres (2021-24).


Dans la troisième partie de cet article, je rendrai compte des trois présentations proposées à l’Académie de Théâtre:

  • le modèle de développement culturel à travers les centres culturels d’Helsinki;
  • l’exemple d’un processus participatif pour développer le centre culturel Vuotalo;
  • les relations dialectiques entre les initiatives culturelles de base (grassroots) et celles des gouvernements locaux, avec des exemples de la ville de Tampere et d’Helsinki.

Helsinki: Journée d’études sur la culture et le développement durable (1)

En amont du congrès annuel du réseau européen ENCATC, j’ai assisté le 10 octobre 2023 à une journée d’étude portant sur la culture et le développement durable à Helsinki. L’objectif était de découvrir des projets novateurs d’institutions artistiques, culturelles et universitaires de la capitale finlandaise. Cette opportunité m’a permis de mieux appréhender leurs approches, que ce soit en lien avec l’économie circulaire ou avec des domaines tels que le design textile et les festivals. Nous avons aussi abordé la planification urbaine durable ainsi que la revitalisation urbaine centrée sur la culture à Helsinki et dans sa région métropolitaine. L’importance des habitants dans les processus de démocratie culturelle participative a été soulignée, même si cela a mis en lumière certaines tensions.

Intérieur de la Faculté de Design et Architecture de l’Université Aalto (Photo: Rafael Mandujano)

La durabilité et la transition verte étaient au cœur de cette journée organisée par le réseau européen ENCATC. Celui-ci joue un rôle crucial en tant que représentant, défenseur et promoteur de la gestion culturelle (cultural management) et de l’éducation supérieure dans le domaine des politiques culturelles. L’objectif d’ENCATC est aussi de professionnaliser le secteur culturel pour le rendre durable, tout en fournissant une plateforme de dialogue et d’échanges à l’échelle européenne et internationale.

Le programme comprenait des conférences et des visites organisées en deux phases successives se tenant dans des universités de renom:

Université Aalto

Problématiques générales

Selon les organisateurs, le désir et le besoin de devenir plus durables dans la façon dont nous comprenons, organisons et vivons la culture n’ont jamais été aussi forts. Des questions se posent néanmoins:

  • Comment y parvenir ?
  • Qu’est-ce que la durabilité en matière d’art et de culture ?
  • Comment la durabilité peut-elle offrir une nouvelle compréhension de la culture et comment la culture peut-elle offrir une meilleure compréhension de ce que signifie la durabilité ?
  • Comment les arts et la culture peuvent-ils jouer un rôle plus important dans le développement et l’agenda durables ?
  • Quelle est la contribution spécifique du secteur culturel ?
  • Comment une politique verte durable et innovante peut-elle faire une réelle différence pour les citoyens ?

Première des trois parties

UNIVERSITÉ AALTO – VISITE 1 – Conférence sur la mode et le design durables

Intervenante: Pirjo Kääriainen, professeure, Université Aalto.
Pirjo Kääriäinen est une passionnée de matériaux et designer textile qui travaille comme professeur de design et de matériaux à l’Université Aalto. Elle travaille à mi-chemin entre la recherche et la pratique et a participé à plusieurs projets de recherche dont le sujet sont les matériaux organiques (bio), notamment ceux à base de bois. Depuis 2011, Pirjo développe la collaboration interdisciplinaire CHEMARTS entre l’École des Arts et du Design (ARTS) et l’École de Génie Chimique (CHEM). L’objectif de CHEMARTS est d’inspirer les étudiants et les chercheurs de l’Université Aalto à développer conjointement des matériaux d’origine biologique et à créer de nouveaux concepts pour leur utilisation durable à l’avenir.

Parmi les masters du département de design de l’université, il en existe actuellement un axé sur la « Créativité durable » (Creative sustainability). En outre, parmi les principaux domaines de recherche de ce département, Pirjo a souligné «Le design pour la durabilité et l’innovation» en relation avec le Design Thinking, le design pour des transformations radicales, les innovations matérielles, l’entrepreneuriat et les entreprises, les défis sociaux et écologiques, entre autres sujets de recherche.

La recherche dans le Département de Design de l’Université Aalto (2023)

La présentation a illustré des exemples de l’évolution de l’approche durable dans le design textile et la mode. Pirjo a constamment mis en lumière les interrogations centrales : Quelle valeur ajoutée un designer apporte-t-il ? Selon quels principes ? Dans quelle mesure est-il justifié de soutenir la croissance de la consommation ?

Présentation de Pirjo Kääriäinen, professeure en design textile et matériaux

Pirjo a souligné l’importance de considérer dans une démarche durable les limites environnementales de la planète; les objectifs de développement durable des Nations Unies; et les principes de l’économie circulaire. Elle a également mis en avant l’impact environnemental et social de la production ainsi que de la consommation actuelle dans l’industrie textile. Par exemple, elle a mentionné que 35 % des microplastiques retrouvés dans les océans proviennent de sources liées à l’industrie textile.

Par ailleurs, Pirjo a évoqué leur groupe de recherche Fashion/Textile Futures, lequel est actuellement impliqué dans plusieurs projets de recherche importants.

Dans ce sens, un article recommandé par Pirjo est « Le prix environnemental de la fast fashion » de Kirsi Niinimäki et al (2020).

Les tendances de croissance de la production mondiale de fibres sont alarmantes (Source : Textile Exchange). La chaîne de valeur textile est particulièrement très étendue : production de fibres – production de tissus et fils – production textile – consommation – fin de vie… Mais l’industrie est de plus en plus consciente de l’impact. Par exemple, le rapport de Business for Fashion & McKinsey sur l’état de la mode 2021 notait qu’« une industrie de la mode plus circulaire nécessitera un effort collectif » et le rapport 2022 indiquait que l’emploi des textiles circulaires est déjà en augmentation en termes d’échelle et qu’ils doivent être pris en compte dans le processus de conception pour limiter l’extraction de matières premières et favoriser la réduction des déchets textiles.

Pirjo a également cité l’exemple de IONCELL (Ioncell-F), un procédé technologique durable qui convertit la pâte de cellulose, les textiles en coton usagés ou même les vieux journaux en nouvelles fibres textiles sans utiliser de produits chimiques nocifs ; la recherche sur les teintes naturelles et les colorants, tels que ceux utilisés dans le passé (notamment à travers la recherche sur les matériaux récupérés d’anciennes épaves de vikings par exemple) ; l’approche durable appliquée par les entreprises de recyclage qui cherchent à répondre aux traditions culturelles qui impliquent de grandes quantités de déchets tels que les fleurs et leurs pétales lors des mariages thaïlandais (projet d’une étudiante).

D’autres tendances concernent le potentiel d’inspiration biologique, comme la création de matériaux à base de champignons (mycélium); l’application de biotechnologies ou le génie génétique (avec leurs implications éthiques : les réglementations sont moins restrictives en Asie ou en Amérique que dans l’Union européenne). La question reste claire sur l’impact de l’arrivée de nouvelles matières (même si elles sont relativement durables) sur le consumérisme car elles entretiennent la tendance fast fashion ou la consommation effrénée et en volume important. Il est nécessaire de promouvoir un esprit critique et informé en direction des consommateurs.

Pirjo nous a également mis en garde sur le cas de la communication à travers la tension suivante : conception spéculative ou innovations matérielles concrètes? Elles représentent un défi, même lorsqu’il s’agit de dénoncer l’obstination à proposer des options de consommation plus larges – que l’on pourrait considérer comme dénuées de sens étant donné le contexte actuel.

Quant à la réparation, ils vont insister sur celle-ci dans leur programme pour concevoir en conséquence (éco-conception). Cependant, la limite de la réparation réside malheureusement dans la mauvaise qualité des matériaux sur le marché actuel.

En conclusion, Pirjo a formulé les recommandations suivantes :

  • adoptez une approche globale dans toutes les étapes de conception et de fabrication;
  • réduisez l’utilisation des ressources tout au long du processus de fabrication;
  • diminuez les répercussions environnementales lors de la production et de la distribution;
  • concevez pour une durée de vie multiple (plusieurs cycles de vie);
  • maintenez la transparence tout au long de la chaîne de valeur;
  • communiquez de manière transparente sans recourir au greenwashing!

Une initiative de recyclage des étudiants de l’Université Aalto

Dans la deuxième partie de l’article, j’évoquerai les présentations réalisées à l’Académie des Beaux-Arts et dans la troisième partie celles de l’Académie de Théâtre.


La bibliothèque Oodi met en valeur les ouvrages comme ceux-ci sur les initiatives « Zéro déchets »

Soirée «Designer Circulaire: métier de transition»

Cette soirée a été organisée bénévolement par Diane Betoux, Valentine de Montgolfier et Rafael Mandujano en collaboration avec le FabLab Villette Makerz (Paris).

La première édition de la soirée « Designer Circulaire: métier de transition » a eu lieu le 15 novembre 2015 de 18h30 à 21h.

Table ronde – Photo Diane Betoux

Cette activité avait pour but d’échanger autour des compétences professionnelles des métiers de transition – et en particulier le Design Circulaire – et du rôle des formations dans ce parcours.

L’objectif de la table ronde était d’apporter des témoignages concrets de la pratique du design circulaire, ses évolutions, et de créer une discussion entre les différents intervenants: des designers circulaires et des professionnels qui intègrent le Design circulaire dans leur palette de compétences. Des exemples de sujets qui ont été abordés :

  • rôle, posture, responsabilité du designer circulaire;
  • son quotidien, ses enjeux et problématiques, ses collaborations interdisciplinaires;
  • les enjeux de la formation pour favoriser la transition

Les intervenants qui ont partagé leurs témoignages significatifs sont:

  • Lucile Costey
  • Xavier Garcia
  • Nicholas Handerson
  • Pierre Larrat
  • Claire Papin
  • Vincent Taillandier
Table ronde – Photo Diane Betoux

Par ailleurs, l’exposition de projets d’anciens apprenants de la formation « Designer Circulaire – Parcours Objets / Parcours Écosystèmes » du laboratoire collaboratif de conception et fabrication « Villette Makerz » a illustré concrètement quelques manifestations de ce chemin d’innovation, développement et résilience pour les entreprises, les territoires et les professionnels des transitions écologique, énergétique et culturelle.

Dans ce cadre, j’ai présenté mon projet «Interlacements – Entrelacs Culturels : Un blog et des services indépendants en conseil, formation et gestion de projets«.

Exposition des projets en cours des Alumni de la Formation en Design Circulaire du FabLab Villette Makerz (Paris) – Projet individuel de Rafael Mandujano: «Interlacements – Entrelacs culturels» (01)

Exposition des projets en cours des Alumni de la Formation en Design Circulaire du FabLab Villette Makerz (Paris) – Projet individuel de Rafael Mandujano: «Interlacements – Entrelacs culturels» (02)

Lieu: Villette Makerz. Folie L5 Parc de la Villette, 211 avenue Jean Jaurès, 75019, Paris, France.